L'Iaidô est un art martial japonais très ancien. Il est né le jour ou un guerrier découvrit qu'il pouvait dégainer le sabre et couper d'un même geste, ce qui donnait un avantage considérable au tout premier instant d'un combat. On attribue la naissance du Iai à Hayashizaki- Jinno-Suke Shigenobu. On ne connait que peu de choses concernant le détail de sa vie si ce n'est qu'il possédait une forte érudition en matière d'arts martiaux et qu'il effectua deux tours du Japon (musha-shugyo). C'est dailleurs au cours du deuxième tour que l'on perd complètement sa trace, vers 1616. L'iai se développa et s'enrichit techniquement au fil du temps, mais c'est véritablement avec le 18ème soke (chef), Nakayama Hakudo,que l'Iai prend sa forme définitive dans l'école Musô Shinden Ryû et qu'il devient dès lors un “dô”. C'est actuellement l'école la plus populaire du Japon pour sa pureté, son dépouillement et sa simplicité.

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Historique du Muso Shinden Ryu Iaïdo


aikido-iaidoLe sabre n'est peut - être pas l'arme la plus ancienne du Japon mais il était la plus raffinée. Durant plusieurs siècles, il occupa une place prépondérante dans l'entraînement du Bushi. La forge et le travail du métal étaient familiers aux japonais deux siècles au moins avant l'ère chrétienne. Des sabres en fer ont été découverts dans des cryptes en pierre et des dolmens datant de la période Kofun-Bunka (400 ans avant J-C à 700 après J-C.

Une légende rapporte que cette évolution du sabre est due au travail d'un forgeron du nom d'Amakuni de la province de Yamato.

Le Nippon-to était l'âme du Bushi, car il en était le symbole lui-même. Le Bushi ne se séparait jamais de son sabre, il vivait et mourait par lui. Le sabre reliait intimement son être tout entier à la question de vie ou de mort ce qui l'obligerait à transcender la conception classique de la vie et de la mort. Cette lute intérieure entraînait un changement  d'attitude mentale appelé “Seishi O Choetsu” et donnait au sabre un double but : trancher toute opposition extérieure et, intérieurement, trancher l'ego du Bushi ce qui permettait l'éveil spirituel. Le sabre en est arrivé à symboliser un certain nombre de qualités morales : loyauté, sacrifice de soi, sens de l'honneur, sincérité justice et courage.

La forge du sabre évolua parallèlement aux différentes manières de l'utiliser, le Nippon-to devint une des plus belles créations japonaises qui, liée à un art de combattre hautement élaboré, combinait beauté et utilité. La technique du sabre se divisait en deux parties essentielles :  le Kenjutsu et le Iaïjutsu. C'est à travers l'étude de ces deux pratiques qu'on peut comprendre le mieux l'esprit des arts martiaux.

De nombreuses écoles de sabre du 10ème siècle (époque de Amakuni) au 11ème siècle (1876: Haitorei), on vit naître plus de 2000 écoles de combat au sabre (Kenjutsu) originales dans leurs principes et leurs théories et plus de 400 écoles différentes enseignant l'art de dégainer le sabre en coupant (iaijutsu). A première vue, ces chiffres peuvent paraître exagérés, mais il faut se souvenir que de nombreuses écoles n'avaient qu'une durée limitée et que beaucoup d'autres n'étaient que les ramifications d'une branche maîtresse. A cette époque, toute méthode qui ne s'avérait pas efficace au combat était rapidement abandonnée. Il existait ainsi plusieurs traditions d'enseignement du sabre :

LA TRADITION SHINTO RYU

Le fondateur de la tradition Shinto Ryu fut lizasa Choisai Ienao (1387 - 1488). Son école fut appelée Tenshi  Shoden Katori Shinto Ryu.

 LA TRADITION CHUJO RYU

Le fondateur de la tradition Chujo Ryu fut Chujo Nagahide. On ignore les dates exactes de sa naissance et de sa mort. On s'accorde cependant à penser que son école fut fondée entre 1390 et 1430.

LA TRADITION KAGE RYU

Le fondateur de la tradition Kage Ryu fut Aizu Hyuga no Kame Iko (1452-1538).Chacune de ces écoles donna naissance à différents styles. En dehors de ces traditions, d'autres écoles avaient leur propre caractère :

L'une des plus importantes fut le Niten-Ichi Ryu de Miyamoto Mushashi (1584-1645). Son livre “Gorin no Sho” (le traité des 5 roues) est d'une lecture fort instructive pour les pratiquants d'un art martial, bien qu'on soit aujourd'hui moins sûr que M. Musashi soit le véritable auteur de l'oeuvre.
Autre école, influencées par l'école Katori Shinto, fut le Jigen Ryu, fondée par Togo Shigekura (1561 - 1643); son école connut un regain de popularité à la fin de l'époque Tokugawa, lors de la rébellion Satsuma. Sous la direction de Saigo Takamori, en 1877, 40000 Samouraï rebelles, armées de sabres, firent face à 65000 soldats gouvernementaux, armés de fusils. Saigo mourut au combat mais les pertes furent égales de part et d'autre (6000 morts et 10000 blesés. Une école d'un certain intérêt, puisqu'elle est le principal sujet d'étude des membres de la F.E.I., celle de Hayashizaki Jinsuke Shigenobu, datant du début de la période Edo. Cette école connut rapidement un vif succès, exerça une grande influence sur les samouraïs et fut prépondérante pour la fondation de nombreuses autres écoles de Iaï au Japon.

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Hayashizaki Jinsuke Shigenobu : une existence mystérieuse

Le fondateur de ce que l'on appelle aujourd'hui Muso Shinden Ryu s'appelait Hojo Jinsuke Shigenobu ou encore Hayashizaki Ryu, Shin Muso Hayashizaki Ryu, Shigenobu Ryu, etc. Nous savons également qu'il fit une tournée au Japon à la mode Musha-Shugyo et que c'est durant cette période qu'il attira un grand nombre de disciples. Les techniques exactes qu'il enseignait nous restent aussi obscures que sa propre vie mais on s'accorde le plus souvent à penser qu'elles étaient relativement simples, pratiques et très adaptées au combat On dit aussi aussi qu'il fit, à l'âge de 73 ans, en 1616, une deuxième tournée à travers le Japon au cours de laquelle on perdit sa trace.  Sous son influence de nombreuses écoles de Iaï prirent naissance. Après sa mort, la tradition du Shin Muso Hayashizaki Ryu perpétuée par Tamya Taira-no Hyoe Narimasa qui dit-on, fut le professeur de Togkugawa Ieyasu, Hidetada et Iemitsu. Ce fait contribua très certainement à la popularité de ce style. Nagano Murakusai Kinro 3ème Sokei, succéda à Tamya Narimasa puis Numo Gumbei Mitsushige, 4ème Sokei, Arikawa Shozaemon Munetsugu, 5ème Sokei, Manno Danuemon Nobusada, 6ème Sokei.

Le 7ème Sokei fut Hasegawa Chikara-no-Suke Hidenobu (Eishin). Il étudia Hayashizaki Ryu sous la direction de Nobusada, à Edo, durant la période kyoho (1716 - 1735) et fut très réputé pour sa maîtrise dans l'art du sabre. Il fit évoluer de nombreuses techniques et mit au point, dit - on, l'art de dégainer une arme dont le tranchant est tourné vers le haut. De retour dans sa province, il donna à son style le nom de Muso Jikiden Eishin Ryu. Il s'y est conservé jusqu'à nos jours. Le 9ème Sokei, Hayashi Rokudayu Narimasa, était le vassal de Yamanouchi Toyamasa, 4ème Hanshu, gouverneur de province. Il étudia, durant son séjour à Edo, le Eishin Ryu sous la direction de Arai Seitatsu, 8ème Sokei et suivit simultanément l'école Shinkage Ryu sous la direction de Omori Rokuro Saemon Masamitsu. Ce dernier avait mis au point une méthode de Iaï se pratiquant dans la position seiza (assis). Il l'enseigna à Hayashi Morisama qui, plus tard, l'intégra dans le Muso Jikiden Eishin Ryu. C'est ce que nous appelons aujourd'hui Shoden Omori Ryu. Après l'enseignement du 11ème Sokei, un schisme se développa, qui donna naissance à deux branches : Shimomura-ha et Tanimura-ha.

Le 10ème Sokei du Shimomura-ha fut Nakayama Hakudo Senseï. Il étudia Muso Jikiden Eishin Ryu, dans la province de Tosa, sous la direction de Hoskawa Yoshimasa, 15ème Sokei (Shimomura-ha) et sous celle de Morimoto Tokumi, 17ème Sokeï (Tanimura-ha). En 1933, il donna à son enseignement le nom de Muso Shinden Ryu Batto-Jutsu, école dont la popularité ne fit que croître grâce à ses efforts perpétuels et au travail de ses disciples.

(* D'après le livre de Malcolm T. Shewan, “Iaï, l'art du sabre japonais”, ed.F.E.I. Cannes 1983)